Le programme de MINnD Saison 2 (2019-2021) est structuré autour de 6 thèmes de recherche et de réflexion :

  • La structuration des données. Tout projet d’infrastructure est d’ores et déjà un travail collaboratif. L’ensemble des acteurs œuvrent ensemble vers la livraison d’un ouvrage commun, dont la conception, l’optimisation et la construction ont exigé le savoir-faire de nombreux experts. Pendant toutes les phases de ce projet, de nombreuses informations ont été enrichies et échangées, chacun apportant sa valeur ajoutée qu’il délivre à ses partenaires, avec une approche collaborative standardisée. Une démarche openBIM collaborative requiert absolument que les données générées et exploitées soient classifiées pour une utilisation par tous les acteurs dont les métiers différents impliquent durablement des points de vue différents.
  • La qualification de la donnée. La donnée créée est hétérogène et souvent transformée tout au long de son cycle de vie. Elle doit être qualifiée et validée, pour être partagée avec le plus juste acteur et au plus juste temps (la non-qualité et la sur-qualité, sous toutes leurs formes, sont des facteurs sensibles de non-maîtrise des coûts). La donnée doit être hébergée de manière durable et sécurisée. Elle doit être accessible mais aussi protégée par son propriétaire.
  • La continuité numérique. La succession des acteurs d’un projet de construction nécessite un enrichissement des données, depuis le DCE jusqu’à la livraison d’un DOE numérique pour l’exploitation ou la maintenance des ouvrages et des systèmes qui le composent. Pour cela, l’amélioration des missions de synthèse-coordination ainsi que l’établissement au fil de l’eau du DOE numérique autoriseront un suivi des prestations réelles, exécuté au regard des paiements, que cela soit pour les ingénieries que pour les entreprises de construction.
  • La convergence BIM-SIG. Suite aux travaux du thème 1 de MINnD sur les outils manipulant les données BIM en 3D et les données SIG en 2D, et suite aux différentes rencontres avec l’OGC et le CNIG, le thème S2.4 de MINnD S2 continuera les réflexions sur la convergence et la complémentarité BIM-SIG, afin de permettre aux outils logiciels d’exploiter des données dans leur format natif sans les transformer (avec les risques sous-jacents de perte d’information ou de dénaturation). Ces travaux seront menés avec les autres organisations en charge de la structuration des données SIG, afin d’obtenir le consensus de toutes les parties concernées.
  • La gestion du patrimoine et des actifs. Les initiatives BIM sont très orientées « conception » afin d’optimiser un projet et sa réalisation. Il semble évident que les démarches BIM prendront toute leur valeur lorsque le donneur d’ordre saura exprimer clairement ses attentes de structuration pour exploiter et maintenir son patrimoine d’actifs.
  • La collaboration. Jusqu’à ce jour, les experts de l’openBIM estiment que les meilleures démarches atteignent le niveau 2 de collaboration, c’est-à-dire que les acteurs échangent des modèles et des bases de données qui sont agrégées pendant le cycle de la vie d’un projet.L’étape suivante, le niveau 3, autorisera à réaliser du travail concomitant sur une plateforme collaborative partagée par l’ensemble des acteurs. Le thème S2.6 de MINnD S2 tendra à détailler ces nouvelles technologies de collaboration (basées en particulier sur les concepts de la blockchain), nécessitant des plateformes sécurisées et parfaitement administrées, des logiciels de modélisation et de simulation de nouvelle génération, mais surtout des processus autorisant la responsabilisation des contributeurs. Les processus collaboratifs dans les projets sont en effet profondément modifiés par ces technologies et ces modifications doivent être étudiées dans la diversité de leurs conséquences concrètes : management de projet, compétences à développer, adaptation des outils aux tâches. Ce groupe de travail proposera également des démonstrateurs pour tester et valider les solutions émergeantes De plus, la gestion du patrimoine passe également par une ressaisie de l’existant (bâti et équipements), permettant d’homogénéiser la gestion du patrimoine existant et des nouveaux actifs.